L’OCDE au bord de la crise de nerfs ?

Conditions de travail

par Nolwenn Weiler

« Promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde »… Telle est la mission de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont le siège est à Paris. Or en interne, les 2 500 salariés semblent un peu oubliés par la noble mission de la vénérable institution. « Nous ne pouvons que constater que le moral de nos collègues ne s’améliore pas et que le niveau de stress dans notre Organisation a encore monté d’un cran », alerte l’association du personnel, qui fait office à la fois de syndicat et de comité d’entreprise, l’OCDE, en tant qu’organisation internationale, échappant à la juridiction française. L’association avait d’ailleurs lancé un questionnaire faisant le point sur « les risques psychosociaux et le stress au travail ».

Parmi les causes du stress identifiées par l’association : les contrats précaires (CDD), la charge de travail qui augmente, la fonction managériale usurpée, la pression psychologique, les restructurations destructrices, les carrières plus qu’incertaines. Satisfaite par les mesures de communication mises en place par la direction des ressources humaines (informations sur les indicateurs de stress notamment), l’association du personnel regrette cependant que « des pans importants de la lutte contre les risques psychosociaux restent à ce jour sans réponse » tout en dénonçant « la pression incessante que subit une grande partie des membres du personnel ». « Les agents découvrent un matin que leur fonction, leur manager, leurs objectifs ont changé », déplorent des représentants des salariés. Une situation qui conduit « à une perte de sens du travail effectué ». Ennuyeux quand il s’agit de promouvoir le bien-être à l’extérieur.