Pénibilité : le gouvernement « reste sourd »

Retraite

par Ivan du Roy

« Ceux qui vont mourir plus tôt doivent cesser de travailler plus tôt ! » Tel est le cri du cœur lancé par l’Association des accidentés de la vie (FNATH) et par l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva). Leur communiqué fait suite à l’annonce présidentielle de réduire de 20% à 10% le taux d’incapacité pouvant permettre aux salariés concernés de partir en retraite à 60 ans. Si davantage de personnes (10.000 par an initialement) devraient bénéficier de ce dispositif, pour les deux associations, cette annonce s’apparente à « une fin de non recevoir ».

Quid des expositions à des substances cancérigènes ? Quid du travail de nuit ? Quid du port de charges lourdes, cause d’une « usure prématurée » des salariés ? Quid des ouvriers qui « ont une fin de vie beaucoup plus éprouvante que les cadres, à cause des incapacités qui les frappent plus durement et les handicapent plus longtemps durant leur retraite » ? Autant de pénibilités « à effet différé » – qui ne seront pas forcément constatées médicalement à 60 ans – et face auxquelles le gouvernement « reste sourd ».

« Comment le gouvernement et le président de la République peuvent-ils ne retenir des études démographiques que les déséquilibres des régimes de retraite et ignorer à ce point la réalité sociale du monde du travail ? », s’interrogent les deux associations. Elles craignent que le fait de renvoyer la discussion sur la pénibilité aux seuls accords de branche (par secteur économique) ne soit synonyme de blocages et d’inégalités, et même si chaque branche disposera de fonds publics. « Alors que ce sont les employeurs qui créent l’usure au travail, ce ne sont donc pas eux qui vont en financer les conséquences »… Rappelons que la négociation sur la pénibilité est bloquée depuis sept ans par le Medef. La FNATH et l’Andeva appellent à une manifestation le 9 octobre à Paris.