Contre l’extrême droite et ses idées, mobilisation le 3 avril à Paris

Antifascisme

par Emma Bougerol

Organisations féministes, syndicales, de gauche et antifascistes ont décidé d’un rendez-vous commun, une semaine avant le premier tour, pour rappeler le danger que représente le discours d’extrême droite.

Marine Le Pen pourrait être au second tour de l’élection présidentielle et se voit déjà enfiler le costume de présidente, Éric Zemmour s’offre un meeting géant au Trocadéro honoré par la présence dans ses rangs de militants violents, racistes, ultraconservateurs … L’extrême droite ne se cache plus, elle est partie prenante de la campagne.

« Voilà des mois que l’on voit se multiplier dans le débat public des discours haineux, racistes, islamophobes, antisémites, sexistes et lgbtiphobes notamment incarnés par Zemmour et Le Pen. Discours mis en avant dans les médias de milliardaires comme Bolloré », dénonce dans un communiqué le syndicat Solidaires Paris.

Le dimanche 3 avril, il appelle, aux côtés d’organisations de gauche et antifascistes, à une manifestation contre l’extrême droite et ses idées. Le rendez-vous est donné à 14 heures, place de la République à Paris.

Lutter « contre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques »

Il y a quelques jours, dans un communiqué commun, Solidaires, la CGT et la FSU dénoncent la menace que présente l’extrême droite pour les travailleuses et travailleurs. Depuis janvier 2014, les syndicats s’unissent derrière une même campagne pour lutter « contre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques ».

À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, ils tiennent à rappeler que ni Zemmour ni Le Pen ne sont les amis du monde du travail. Tout comme la politique menée par Emmanuel Macron, affirment-ils : « Les politiques gouvernementales – dont notamment les mesures favorables au capital, la gestion catastrophique de la crise sanitaire –, subies par les salarié·e·s, les privé·e·s d’emploi, les retraité·e·s, les jeunes, les femmes, fournissent un terreau exploité par l’extrême droite. »

Racisme et antimondialisme divisent les travailleuses et travailleurs, ajoutent les organisations. « Nous revendiquons une autre mondialisation où les solidarités internationales priment en termes économiques, politiques et sociaux, contrairement à l’opposition entre les peuples prônée par l’extrême droite. » Des sections d’Île-de-France de Solidaires, de la CGT comme de la FSU seront présentes ce dimanche place de la République.

Dissolution d’un groupe antifasciste, une décision « hautement symbolique »

Ce rassemblement arrive quelques jours après l’annonce de la dissolution du Groupe antifasciste Lyon et environs (Gale) par le gouvernement. C’est, depuis 40 ans, la première fois qu’un groupe antifasciste tombe sous le coup de cette procédure. Elle est d’ailleurs la première aussi basée sur la nouvelle loi « Séparatisme », promulguée à l’été 2021.

Le décret publié le 30 mars justifie sa décision en affirmant que le groupe était « régulièrement impliqué dans la commission d’actions violentes auxquelles il appelle et qu’il revendique ouvertement, tant à l’égard de ses adversaires politiques, notamment d’ultra-droite, qu’à l’égard des forces de l’ordre ». L’avocat du Gale dénonce une décision politique, rapporte France 3 Auvergne-Rhône-Alpes : « À quelques jours des élections qui vont se jouer à droite, voire à l’extrême droite, cette dissolution est hautement symbolique, c’est simplement l’occasion de donner satisfaction à une partie de l’électorat. »

En janvier dernier, c’était le média Nantes Révoltée qui était menacé de dissolution. Il était accusé d’être un « groupement de fait » responsable d’« appels à la violence (…) contre l’État, contre les policiers », des mots du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Une vague de soutien a suivi ces propos. Le candidat Jean-Luc Mélenchon a notamment partagé son indignation sur Twitter : « Stupéfiantes menaces de Darmanin contre « Nantes révoltée ». Aucun média militant ne peut être tenu pour responsable du déroulement des évènements auquel il appelle. » Fin février, Nantes Révoltée n’avait toujours pas reçu l’acte d’accusation [1]. Le Gale n’a pas eu cette chance. L’organisation affirme tout de même qu’elle va contester cette décision de dissolution.

Photo de une : CC BY 2.0 Hermann.Click via Flickr

Notes

[1« La dissolution de Nantes Révoltée fait du surplace », Mediacités, 24 février 2022