Les lanceurs d’alerte : des citoyen·ne·s hors du commun

Hors-série

par Ivan du Roy

Les rédactions de basta! et Politis s’associent pour vous proposer un numéro spécial en hommage aux lanceurs et lanceuses d’alerte et à leurs combats. Disponible en kiosque et en ligne. En voici l’édito.

Ce numéro rend hommage aux lanceuses et aux lanceurs d’alerte. En tant que journalistes et citoyens, nous leur devons bien ça ! Sans ces personnes et leurs messages potentiellement explosifs, nombre de scandales financiers, pharmaceutiques, agroalimentaires ou d’atteintes massives à la santé seraient restés dans l’ombre. C’est donc pour leur rendre honneur, raconter leurs combats, les mobilisations et les avancées qui se sont ensuivies que les rédactions de Basta! et de Politis s’associent pour vous proposer ce hors-série (hors du) commun, en partenariat avec les organisateurs de la Rencontre annuelle des lanceurs d’alerte.

"Lanceuses et lanceurs d'alerte : pourquoi on ne les entend pas ?", un hors-série événement à retrouver en kiosque le 3 novembre ou à commander sur Politis.fr
Hors-série Politis & Basta!
« Lanceuses et lanceurs d’alerte : pourquoi on ne les entend pas ? », un hors-série événement à retrouver en kiosque le 3 novembre ou à commander sur Politis.fr

Lancer une alerte, pointer un dysfonctionnement, dénoncer un abus n’est pas une vocation. La plupart des lanceurs et des lanceuses d’alerte sont des employé·es, chercheurs et chercheuses, fonctionnaires, « simples » citoyennes et citoyens qui ont voulu bien faire, agir selon leur éthique professionnelle ou leur conception de l’intérêt général. S’ils veulent attirer les projecteurs, c’est sur le problème soulevé : les effets secondaires du Mediator, une fraude fiscale massive, des matériaux ou des produits dangereux, jusqu’à des violations des droits humains. Tenter d’alerter, c’est aussi s’attirer systématiquement la foudre, celle de leurs employeurs, d’intérêts privés soudainement menacés, voire des institutions censées les écouter. Ils et elles sont trop souvent sanctionné·es, placardisé·es, décrédibilisé·es, voire menacé·es, parfois même assassiné·es. Cet état de fait est déjà un scandale en soi, que les récentes mesures sur la protection des lanceurs d’alerte ne viennent que trop faiblement corriger.

Dans ce numéro, nous avons également choisi d’aborder les violences sexistes et sexuelles. Qu’est le mouvement #MeToo si ce n’est une vaste et massive alerte sur la perpétuation de ces violences – dont l’existence était connue mais leur ampleur et gravité déniées – dans tous les secteurs de la société ? Celles qui osent parler ne subissent-elles pas elles aussi des attaques, avant d’être finalement prises au sérieux ? C’est aussi tout naturellement que notre grand entretien en fin de numéro donne la parole à deux lanceuses d’alerte, Emmanuelle Amar, épidémiologiste qui a mis en lumière un cluster de malformations chez des enfants dans l’Ain, et Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue qui agit sans relâche pour qu’un demi-siècle d’alertes sur le climat suscite enfin des réactions fortes de la part des gouvernements. Elles y dialoguent avec le sociologue Francis Chateauraynaud, à l’origine du terme « lanceur d’alerte ».

Le fatalisme et l’indifférence qui imprègnent l’époque actuelle ne sont pas inexorables. C’est ce que montrent tous les récits que nous vous contons ici. Chacun nous rappelle que l’éthique, la détermination et la quête de justice peuvent gagner malgré la cupidité financière, la malhonnêteté intellectuelle et le mépris qui semblent nous entourer.

Ivan du Roy

 Ce numéro spécial est disponible en kiosque ou à commander en ligne ici au prix de 6 €.

 La rencontre annuelle des lanceurs d’alerte se déroule du 11 au 13 novembre, à la Maison des sciences de l’Homme Paris-Nord, La Plaine-Saint-Denis (93). Entrée Libre et Gratuite Ouvert au public. Voir le programme ici.