Ukraine : la Croix rouge russe forme les enfants à la guerre

Débats

Présenté par Trump, renégocié l’Ukraine et l’UE, le plan des États-Unis pour mettre fin à la guerre en Ukraine ne satisfait personne. Reste-t-il un espoir ? En tout cas, la guerre continue. Revue de presse internationale.

par Emma Bougerol

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Portrait dessiné de la journaliste Emma Bougerol
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Le 20 novembre, The Kyiv Independent titrait : « Le nouveau plan de paix américain pousse l’Ukraine vers la capitulation – voici ce que nous savons à l’heure actuelle. » La proposition de plan dont parle alors le journal indépendant ukrainien a été poussée par les États-Unis le 19 novembre. Elle « comprend des exigences imposant à l’Ukraine de céder des territoires, de réduire ses forces armées et de limiter ses alliances — des propositions bien plus radicales que celles discutées lors des précédents cycles de négociations ».

À ce moment-là, plusieurs éléments sont cités par le média ukrainien, notamment le demande « que l’Ukraine cède à la Russie l’ensemble de la région orientale du Donbass — comprenant les oblasts de Donetsk et de Louhansk — y compris les zones non occupées, afin de créer une zone démilitarisée », ou encore que le pays divise les capacités de son armée de moitié et renonce à rejoindre l’Otan pour plusieurs années au moins. Tout cela, en échange de la garantie, qui serait inscrite dans la loi russe, que le pays de Poutine n’attaquerait plus l’Ukraine.

« Il n’existe pas de paix juste »

Les négociations sont toujours en cours. Depuis cet article, Kyiv et les européens ont proposé des modifications au plan. « L’UE a rejeté le plan original et l’a considéré comme une capitulation forcée », écrit The New Voice of Ukraine dans un article accompagné d’une infographie résumant les nouveaux points du projet.

Ces derniers aménagements du texte ne sont pas au goût de la Russie, qui pour l’instant le rejette et insiste sur l’annexion russe de territoires ukrainiens. « Lors des futures négociations avec Washington, Moscou fera à nouveau pression pour que les États-Unis reconnaissent la Crimée et le Donbass (régions de Donetsk et Louhansk) occupés comme territoire russe », cite le média à partir des propos de Poutine.

Des centaines de russophones ont envoyé des lettres à Meduza ,média russe en exil. Elles vont « du soulagement à l’idée de mettre fin à la guerre à l’indignation face aux termes du plan ». « Il n’existe pas de paix juste. Il n’y en a qu’une honteuse », affirme par exemple Mike d’Odessa. Depuis Kharkiv, Serhii écrit : « Si ce plan est signé, la guerre sera simplement transmise à mes enfants. C’est tout. »

La Croix rouge russe forme les enfants à la guerre

Pendant ce temps, la guerre continue, rythmée par les explosions et les attaques russes de drones sur l’Ukraine. La Russie s’installe dans les territoires occupés, comme le montre Bellingcat pour Marioupol. La ville détruite est désormais « russifiée un immeuble après l’autre ».

Leur enquête en sources ouvertes a permis d’identifier « 23 complexes immobiliers à plusieurs étages — plus de 50 bâtiments comprenant au moins 6000 appartements — en cours de construction sur les ruines de Marioupol et proposés à la vente, avec des prêts à faible taux d’intérêt, à des citoyens russes ».

De son côté, Follow the Money révèle que la Croix rouge russe, « fournit une formation militaire à des enfants, participe à des réseaux de propagande et opère dans l’Ukraine occupée ». Le tout, dans l’indifférence internationale.

La section russe de l’organisation, outil du Kremlin, est même encore financée par les structures internationales de la Croix rouge. Ces dernières bénéficient d’un financement « de la Commission européenne, des organisations internationales et des sociétés nationales, qui sont soutenues par les contribuables, les gouvernements et les particuliers, tant publics que privés ». Cette guerre est notre affaire à tous sur bien des aspects.