Mobilisation contre des projets d’extraction pétrolière en Méditerranée

Gaz de schiste

par Sophie Chapelle

« Je n’accepterai jamais de forage pétrolier en Méditerranée. » Nicolas Sarkozy a fait allusion dans son discours, le 6 avril à Caen, au permis d’exploration « Rhône maritime », dont le renouvellement doit être décidé le 11 avril au plus tard – il ouvrirait la voie à l’extraction pétrolière en eaux profondes à 30 kilomètres des côtes du Var (lire notre article). Les collectifs locaux contre les gaz et huile de schiste restent prudents face à cette déclaration du candidat-président. Ils ont fait part dès le lendemain, dans un communiqué, de leurs « plus vives réserves quant à l’effet d’annonce en cette période électorale » et ont maintenu leur Trafalgar des pétroliers, le 8 avril.

Deux mille manifestants étaient présents au parc de la Navale à la Seyne-sur-Mer. Sur le sol, une immense carte de France permettait de visualiser l’ensemble des permis existants et en cours d’instruction. Tous les permis de recherche d’hydrocarbures ont été symboliquement jetés dans une « poubelle à permis ». Des élus locaux se sont joints l’après-midi aux prises de parole dénonçant le permis de Brignoles, qui couvre les trois quarts du Var et dont le renouvellement sera décidé autour du 30 avril. Près de 90 maires du département ont d’ores et déjà pris des arrêtés municipaux interdisant l’utilisation de l’eau pour la fracturation de la roche.

Au même moment, une chaîne humaine était organisée d’un bout à l’autre de la plage du Cabasson, face à la résidence présidentielle du fort de Brégançon. Les manifestants, portant une banderole « pétroliers en mer, littoral en danger », ont clamé leur volonté de voir la « Méditerranée sans pétrole ». Sur terre comme sur mer, les mobilisations contre la recherche et l’exploitation des gaz et de pétrole, de schiste ou en eaux profondes, se multiplient.

Photo : Alter-Echos