Mobilisation contre le coup d’État en Équateur

Démocratie

par Olivier Vilain

La situation reste confuse en Équateur. Le jeudi 30 septembre au matin, à l’occasion de négociations salariales, la Police équatorienne a blessé le président Rafael Correa. Elle l’aurait maintenu captif dans un hôpital de la capitale, avant que l’armée ne le libère dans la soirée.

Face au putsch, la foule de Quito a immédiatement occupé les rues, notamment devant le palais présidentiel, comme le rapporte l’association France Amérique Latine. Au moins un manifestant a été tué, selon Laura Carlsen, directrice de l’Americas Program qui défend les Droits humains.

L’Organisation des États américains et tous les pays du continent ont condamné cette tentative de coup d’État. La France a fait de même. Les États-Unis déplorent « les violences » et expriment leur « entier soutien au président Rafael Correa et aux institutions démocratiques » de l’Équateur.

Après la déstabilisation du Honduras, en 2009, celle de l’Équateur est la deuxième atteinte contre un pays dirigé par la gauche en Amérique latine, et proche du Venezuela d’Hugo Chavez ou de la Bolivie d’Evo Morales. Si bien que des voix s’élèvent pour qu’Obama fasse cette fois pression sur les putschistes équatoriens.

Contrairement à l’attitude de Washington, l’année dernière, « le président Obama doit annoncer sans ambiguïté qu’il ne reconnaîtra aucun autre gouvernement que celui démocratiquement élu du président Rafael Correa », souligne Mark Weisbrot, codirecteur du Center For Economic and Policy Research. Un avertissement qui n’avait pas été lancé lors du putsch au Honduras...

« Les peuples à travers le monde (...) doivent appeler leur gouvernement à ne pas se contenter de condamnations et à employer tous les moyens diplomatiques légaux (...) pour restaurer le président Correa », signale pour sa part Laura Carlsen.

Dans l’Hexagone, France Amérique latine invite tous ses comités locaux à organiser des rassemblements en solidarité avec le peuple équatorien descendu dans la rue pour soutenir sa démocratie. Elle appelle notamment à manifester, ce 1er octobre à partir de 18h00 devant l’Ambassade de l’Équateur, 34 rue de Messine à Paris (8e arrondissement).