Le 27 février, le Pakistan a bombardé Kaboul, accusant l’Afghanistan, gouverné par les talibans, d’abriter les combattants du groupe Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), les talibans pakistanais, responsables d’attaques contre l’armée pakistanaise. Depuis, bombardements et escarmouches épisodiques se poursuivent.
Début mars, le média indien The Wire s’inquiétait de l’impact de ce conflit, peu médiatisé à l’heure de la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël : « Reste à voir si la situation va s’aggraver davantage. Si tel est le cas, il se pourrait bien qu’après les États-Unis, ce soit au tour du Pakistan de découvrir que l’Afghanistan est le cimetière des empires », commente Manoj Joshi, membre du think tank indien Observer Research Foundation.
Deux semaines après le début de la guerre, les victimes étaient principalement civiles, écrit le journal allemand Taz , précisant que « 55 % des victimes étaient des femmes et des enfants ». Le média ajoute : « Les combats ont déplacé plus de 115 000 personnes en Afghanistan et 3000 au Pakistan. » 160 000 personnes ont également été privées de l’aide alimentaire des Nations unies, qui ont dû suspendre leurs distributions en raison des combats dans certaines zones.
« Le risque d’une escalade de la violence »
Le 17 mars, une frappe sur un centre médical à Kaboul a tué 400 personnes. L’Afghanistan a accusé le Pakistan du bombardement. « Islamabad a qualifié cette affirmation de propagande, affirmant que les cibles étaient des "infrastructures militaires et terroristes” », écrit The Guardian . « La stratégie pakistanaise consiste à imposer un coût si élevé au gouvernement taliban qu’il soit contraint de prendre des mesures pour empêcher les attaques provenant d’Afghanistan », précise le journal britannique. Cette stratégie « comporte le risque d’une escalade de la violence. »
Cette guerre est le résultat de tensions qui durent depuis des années entre les deux pays. Ou plutôt, précise The Conversation , « il s’agit d’un conflit entre le Pakistan et le gouvernement taliban », expliquait le chercheur Amin Sakial fin 2025, alors qu’éclatait ce qui était vu comme « les affrontements militaires les plus violents entre les deux pays voisins depuis plusieurs années ». Le Pakistan « ne peut s’en prendre qu’à lui-même pour les difficultés auxquelles il est confronté face aux talibans afghans. Il a en effet encouragé et soutenu les talibans en tant que groupe terroriste pendant près de trente ans, ajoutait l’universitaire. Le régime taliban en Afghanistan est archaïque et fragile. Il doit être renversé, mais c’est une affaire qui concerne le peuple afghan, et non le Pakistan. Les interventions étrangères en Afghanistan n’ont pas porté leurs fruits par le passé. »
