D’ordinaire, dans ses caves des Crayères au cœur de Reims, la célèbre maison de champagne Veuve Clicquot offre aux touristes et amateurs de champagne un parcours de dégustation sur-mesure, dans des kilomètres de souterrains joliment aménagés.
Ce jeudi 15 janvier, l’ambiance sera différente. Les délégués syndicaux CGT des maisons de champagne Moët & Chandon-Ruinart et Veuve Clicquot-Krug ont lancé un appel à la grève, avec rassemblement dès 11h sur le site vitrine de la célèbre marque.

Après plusieurs mobilisations courant décembre, les salariés du champagne reprennent, à l’initiative de la CGT, leurs protestations face à leurs pertes de revenus. Pour la première fois depuis la création de l’entreprise en 1968, aucune prime de participation n’a été versée aux salariés des maisons de Moët Hennessy Champagne Services (MHCS), alors que ce groupe, appartenant au géant du luxe LVMH, continue de dégager des bénéfices.
« Cette année, LVMH ne donne rien à aucune des maisons », résumait alors à Rapports de force Philippe Cothenet, délégué syndical CGT Moët & Chandon et secrétaire général adjoint de la CGT Champagne. Selon son syndicat, la perte des bonus de fin d’année équivaut à 15 à 30 % du salaire.
Le 8 janvier s’est tenu une réunion de négociations salariales entre la direction et les organisations syndicales représentatives (CGT et CGC-CFE). La direction de MHCS a mis sur la table une proposition de 1000 euros brut de compensation. « On est très loin du compte », réagit Philippe Cothenet, qui participe aux négociations. Il juge la proposition « très insuffisante, ne compensant en rien la perte massive de la participation prévue pour 2025 ».
La direction de la filière met en avant une année moins profitable que les précédentes pour justifier ces restrictions. Début 2025, LVMH communiquait sur « un contexte de ralentissement de la consommation et de marché plus difficile en Chine ». La suppression de 1200 postes avait même été annoncée en mai, ce qui avait déjà provoqué une levée de boucliers.
Mais l’argument financier est peu recevable aux yeux des salariés de la filière. Un nouveau cycle de négociations est prévu le 14 janvier au matin. « Il était important de continuer à maintenir la pression », argumente Alexandre Rigaud, délégué syndical production CGT, « afin de faire comprendre à MHCS, et plus loin à MH et à LVMH que nous n’accepterons pas d’avoir ces baisses de rémunération très importante »s. La CGT Champagne appelle aussi les délégués syndicaux et salariés des autres maisons de champagne à rejoindre le mouvement.