1er Mai dans le monde : « Black-out » anti-Trump aux Etats-Unis, « renaissance » syndicale en Europe

Débats

Partout dans le monde, ce 1er Mai, les travailleurs et travailleuses s’unissent pour faire avancer leurs droits, réclamer de meilleures conditions de travail ou simplement le droit de vivre dans leur pays d’emploi.

par Emma Bougerol

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Aux États-Unis, la semaine précédant le « May Day », les préparatifs prennent de l’ampleur. Près de 3000 actions sont prévues dans tout le pays, plus du double de l’année précédente. « Ces manifestations sont une réaction aux mesures et aux menaces de l’administration Trump, notamment la proposition d’envoyer des agents de l’ICE dans les bureaux de vote lors des élections de mi-mandat, ainsi qu’aux actions militaires unilatérales menées contre le Venezuela et l’Iran », décrit *The Guardian*.

Au programme, un « black-out économique » inspiré des mobilisation anti-ICE dans le Minnesota, où les personnes ne se rendaient ni au travail, ni à l’école, ni dans les magasins. Selon l’une des organisatrices, cette mobilisation du 1er mai pourrait constituer « une étape vers la création d’un mouvement plus large » aux États-Unis.

L’essor de la syndicalisation dans plusieurs pays

Les mouvements de travailleureuses ne se consolident pas que face à Donald Trump. Le média italien *DinamoPress* remarque une « renaissance » du mouvement syndical britannique « avec des grèves, une croissance et une restructuration des syndicats, ce qui a eu des répercussions importantes sur les partis de gauche qui lui sont traditionnellement liés ».

De son côté, *Jacobin* raconte le renforcement des organisations représentantes des travailleureuses en Éthiopie. Leur nombre d’adhérents a doublé ces dernières années. « L’Éthiopie et d’autres pays africains où les syndicats sont en plein essor contredisent l’idée selon laquelle le mouvement syndical serait en déclin à l’échelle mondiale », ajoute le magazine de gauche.

D’autres luttent depuis longtemps. En Italie, *Altreconomia* suit la lutte des ouvriers et ouvrières de l’ex usine GKN, dont le cinquième anniversaire de l’occupation par ses ex-employées approche. Aux alentours de Florence, dans l’espace extérieur de l’usine, s’est tenu leur festival annuel de littérature engagée, manière d’unir la lutte ouvrière, la culture, et le tissu militant local. Le moment, aussi, de « relancer son projet de reconversion de l’usine en une usine de production de panneaux solaires et de vélos cargo ».

Les travailleureuses immigrées peuvent aussi s’organiser

Certaines catégories de travailleureuses sont plus vulnérables que d’autres aux abus. C’est le cas des personnes venues d’un autre pays pour travailler, parfois avec un statut précaire, parfois sans papiers. Leur apport à l’économie est pourtant essentiel.

C’est sur ce constat que s’est construite la campagne « Esenciales » (essentiels) en Espagne, qui a mené à la régularisation de travailleurs et travailleuses sans papiers. « Cette décision est le fruit et l’aboutissement d’abord d’une dynamique citoyenne par le bas », témoigne l’un de ses initiateurs, Augustin Ndour, à *Enass*.

Pour favoriser l’organisation des employées immigrées, le média new-yorkais *Documented* a publié un guide en espagnol à leur destination sur comment monter un syndicat dans leur entreprise. Ainsi, les travailleureuses seront mieux protégées : « Les lois interdisent aux employeurs de rétrograder, de licencier ou de sanctionner de quelque manière que ce soit les employés qui adhèrent à un syndicat ou en créent un. »