Le maire Rassemblement national d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Steeve Briois, vient de mettre à pied deux syndicalistes de la section Sud Collectivités territoriales (Sud CT) de sa mairie, malgré deux avis de son conseil de discipline qui ne demandaient aucune sanction. L’un d’eux, Djelloul Khéris, élu au comité social et territorial de la municipalité, a reçu, mi-mai, un arrêté d’exclusion temporaire de la fonction publique, pendant de deux ans et sans salaire. Fabienne Payen, militante Sud CT, se voit infliger la même sentence, pendant un an. Tous deux contestent cette décision devant le tribunal administratif de Lille.
« Je m’y préparais mais ça fait quand même mal. Heureusement je suis entouré et j’ai le soutien de mon syndicat », confie Djelloul Khéris. Pour Aurélien Boudon, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires ajoute : « C’est bien la preuve que ce dossier monté de toute pièce a pour seul but de détruire le syndicalisme de Sud collectivités territoriales à la mairie d’Hénin-Beaumont ».
« Faire un exemple » avant les élections professionnelles
Djelloul Kheris est une figure de la contestation de la gestion municipale RN d’Hénin-Beaumont, où des services publics comme la crèche ont été privatisés, des lieux culturels et associatifs ont été fermés... Et il le paie cher. Syndiqué depuis 2014, cet animateur, ancien administrateur d’une maison de quartier, a vu sa carrière figée et a été la cible de multiples pressions de la part de son employeur.

À l’automne 2025, le maire d’extrême droite lui reproche « un conflit d’intérêt chronique ». En cause, l’engagement associatif du syndicaliste au sein d’un club de football de quartier, mais surtout son rôle de membre du conseil d’administration et de vice-président de l’association du centre culturel de l’Escapade, que la municipalité RN a repris en main début 2025. « Ces prétextes cachent mal la volonté de s’en prendre à une figure syndicale à quelques mois des élections professionnelles dans la fonction publique territoriale. Le RN veut faire un exemple et montrer à tous les agents qui veulent s’organiser syndicalement ce qu’ils risquent lorsqu’ils se présentent », poursuit Aurélien Boudon. Ces élections professionnelles se dérouleront le 10 décembre 2026
Dénonçant une « répression syndicale », 200 personnes s’étaient réunies le 12 janvier, jour du conseil de discipline de Djelloul Kheris, devant la mairie d’Hénin-Beaumont. Ce jour-là, les treize représentants du conseil de discipline n’avaient voté, à l’unanimité, aucune sanction à son encontre. Seul, Steeve Briois en a décidé autrement.
