Quatre des neuf militants condamnés à Niort en 2024 pour « organisation de manifestation illégale » contre les mégabassines dans les Deux-Sèvres en mars 2023 sont rejugés par la cour d’appel de Poitiers ce mercredi 3 décembre.
En première instance, le porte-parole de Bassines non merci et deux membres des Soulèvements de la Terre avaient été condamnés à des peines comprises entre six et douze mois de prison avec sursis. « Mais aussi des interdictions de territoire de trois ans, véritable bannissement politique pour ceux qui défendent les communs, l’eau et la liberté de manifester », indique un communiqué de Bassines non merci.
Le tribunal correctionnel de Niort avait également prononcé des amendes contre six autres prévenus - deux membres de la Confédération paysanne, deux syndicalistes locaux affiliés respectivement à la CGT et à Solidaires, un membre de Bassines non merci et un agriculteur bio - pour leur implication dans quatre mobilisations survenues autour des chantiers contestés dans le Poitou entre le 26 mars 2022 et le 25 mars 2023.
Rassemblement maintenu malgré l’arrêté préfectoral
Seuls quatre militants comparaissent en appel ce mercredi 3 décembre au tribunal de Poitiers. Il s’agit des porte-parole des Soulèvements de la terre, de Bassines non merci, de Solidaires et de la CGT. Pour ce nouvel épisode judiciaire, un appel à un rassemblement de soutien a été lancé.
Bien que le préfet de la Vienne ait pris un arrêté pour interdire les manifestations aux abords du tribunal, les organisateurs confirment que « le rassemblement, ainsi que l’ensemble des initiatives prévues pour cette journée, se tiendront bel et bien ».
« On constate encore un véritable deux poids, deux mesures, dénonce Julien Le Guet, porte-parole de Bassines non merci, qui comparait mercredi 3 décembre. Quand la partie d’en face, Coordination rurale ou FNSEA, organise ce type de rassemblement, on sent que les autorités sont plutôt dans l’accompagnement, et nous systématiquement, c’est la carte de l’entrave qui est activée », a dit le militant auprès de France Bleu.
À l’occasion du procès en appel, les organisations mises en cause entendent « défendre le droit de manifester, l’état de nécessité et le droit de désobéir face à la catastrophe climatique ». En décembre 2024, dix-huit mois après la manifestation de Sainte-Soline, la fameuse bassine était déclarée illégale par la justice administrative. Elle ne sera pas remplie cet hiver.

