« Stop Cogestion ! » C’est la revendication portée par le collectif auto-géré d’étudiant.es d’AgroParisTech qui occupe depuis le mardi 20 janvier une partie du Campus Agro Paris-Saclay à Palaiseau (Essonne).
Une cinquantaine étudiantes membres du collectif « Agro en lutte » vient d’y passer deux nuits. Ils entendent dénoncer la collusion, à l’échelle nationale, entre le syndicat agricole FNSEA et le gouvernement.

Cette cogestion « ne cesse de façonner des politiques libérales à l’origine d’une fuite en avant productiviste qui conduit à l’élimination des petites fermes, par la mise en concurrence généralisée des agricultures sur le marché mondial », précisent-ils dans un communiqué.
« Un projet d’agroécologie forte »
Leur mobilisation vise aussi, soulignent-ils, à « instaurer un rapport de force avec notre administration, elle-même habituée à coopérer avec l’agro-industrie, ce qui conditionne grandement notre formation ». En ligne de mire : la composition du conseil d’administration d’AgroParisTech, établissement sous la tutelle du ministère en charge de l’Agriculture.
Le collectif pointe notamment la présence au sein du conseil d’administration de Christiane Lambert, ancienne présidente de la FNSEA et actuelle présidente du Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne (Copa). Ces étudiants déplorent qu’il n’ait « jamais eu de représentante de collectif, association ou syndicat proposant une voie alternative pour l’agriculture au sein du CA ».

Ils réclament en conséquence une recomposition du conseil d’administration « en intégrant des représentants de structures portant un projet d’agroécologie forte ». Contactée par Basta!, la direction générale d’AgroParisTech souligne que « les revendications portées par le groupe n’ont été connues qu’une fois le blocage installé ». Elle précise que la composition du conseil d’administration n’est pas définie par AgroParisTech mais par le ministère en charge de l’Agriculture.
Alors qu’une refonte du cursus est en cours depuis 2023, le collectif Agro en lutte réclame également que les étudiants soient davantage associés au processus. « La question des transitions est une des principales raisons pour laquelle cette réforme a été mise en place », argue la direction générale d’AgroParisTech.
En 2022, des ingénieurs diplômés d’AgroParisTech avaient appelé à déserter de leurs « jobs destructeurs » et à ouvrir « d’autres voies ».