Cloé et Alban ont tous les deux eu un cancer très jeunes. Cloé avait 11 ans, Alban 4 ans. Leurs témoignages, poignants, sont à retrouver dans deux ouvrages publiés d’ici quelques jours. Je cosigne l’un d’eux, Pesticides Kids avec ma consœur Sophie Chapelle.

L’autre a été écrit par Laurence Huc, toxicologue spécialiste de ce sujet, que les lecteurs et lectrices de Basta! connaissent car nous l’avons interviewée il y a deux ans pour son travail sur les SDHI, ces fongicides omniprésents dans nos environnements.
Au fil des pages de son roman graphique, Laurence Huc décrit son travail, l’omerta autour des dangers des pesticides, son engagement auprès des collectifs d’enfants malades et ce que cela coûte en terme de travail et de carrière de s’engager ainsi.
Avec Sophie Chapelle, nous évoquons le quotidien fracassé des enfants malades, la fabrique du doute et de l’ignorance à propos des dangers des pesticides, les mensonges qui se succèdent jusqu’au plus haut niveau de l’État et permettent à l’usage de ces produits de prospérer. La France reste l’une des principales utilisatrices de pesticides en Europe, avec 65 000 tonnes consommées chaque année.
Pour un soutien massif aux agriculteurs et agricultrices

Une brèche, pourtant, semble s’ouvrir, sous la pression des parents, collectifs, médecins et chercheurs pour qui la santé publique compte. Celle des enfants particulièrement. Nourris par l’abondance d’études scientifiques qui font le lien entre exposition aux pesticides et pathologies pédiatriques – cancers pédiatriques, malformations, troubles du neurodéveloppement – toustes réclament un plan massif de soutien aux agriculteurs et agricultrices pour sortir d’un système dépendant de la chimie de synthèse.

L’État reconnaît lui même les dangers extrêmes de ces produits pour la santé des enfants. En 2020, il a créé un fonds d’indemnisation des victimes de pesticides, qui inclut un volet pour les enfants atteints de certaines pathologies à cause de leur exposition aux pesticides pendant la grossesse. Comment peut-il continuer à autoriser des produits qu’il sait mortifères pour nos enfants et l’ensemble du vivant ?
Nos deux ouvrages, publiés alors que la colère monte dans les villes et les champs, réunissent des informations et témoignages qui invitent chacune à se mobiliser. Car « il faut agir » nous dit Cloé, « et arrêter ça », ajoute Alban à propos des maladies des enfants. Écoutons-les, et surtout, protégeons-les !
