« Les conditions sont vraiment difficiles, parce qu’on n’est pas climatisé. Dans tout l’Ehpad, on a une seule salle climatisée. Alors, on installe nos résidents à l’abri de la chaleur dans cette salle pendant la journée. Mais le soir, ils vont dans leur chambre. Et dans les chambres, il fait 33, voire 35 degré. Même avec des ventilateurs, on n’arrive pas à les rafraichir.
Et nous aussi, les aides-soignantes, on a chaud. Nous n’avons presque pas le temps de nous hydrater, parce que nous sommes en sous-effectif. En tout, on devrait être 30 aides-soignants, avec 80 résidents. Mais on ne peut pas travailler les 30 en même temps. Donc, généralement, on a des équipes de six par jour, mais on se retrouve souvent à quatre par jour, des fois à deux, parce qu’il y a des arrêts maladie, et qu’on n’arrive pas à embaucher.
Pour les infirmières, c’est encore plus difficile d’embaucher. Et elles ne restent pas. On avait aussi des médecins qui, pareil, ont posé leur démission. Des aides-soignantes ou des auxiliaires se retrouvent à faire le travail qui est normalement celui des infirmières, sans avoir le diplôme.
Peur de parler aux syndicats
Nous n’avons pas de syndicat, seulement une déléguée du personnel qui est très proche de la direction. Et que ce soit mes autres collègues ou moi, nous avons peur des répercussions si on sollicite un syndicat. Déjà, dès qu’on ose ouvrir la bouche, on se fait punir, par des plannings avec des horaires exorbitants, par exemple. On nous oblige à faire des nuits. Actuellement, on se retrouve avec des plannings du samedi au samedi, de 60 heures par semaine. Le personnel n’a plus de vie. On passe tout notre temps dans l’Ehpad. Et on nous impose nos semaines de congés, on n’a pas le choix des dates de nos vacances.
C’est un Ehpad associatif. Mais ça se passe très mal. Avec la chaleur en plus, nous sommes à bout. Nous voulons faire notre travail correctement, mais là, les conditions font qu’on ne peut plus. Et les familles le remarquent. Si on tient le coup, c’est avant tout pour nos résidents. »
