La carte des manifestations pour la protection de l’enfance cette semaine

Ça bouge !

Des manifestations ont lieu jeudi 15 mai dans neuf villes françaises (Paris, Bordeaux, Lille, Lyon, Mamoudzou, Marseille, Rennes, Strasbourg et Toulouse) pour une protection de l’enfance digne et pour les droits des enfants.

par Rédaction

, modifié Temps de lecture : ?

Bluesky Facebook Linkedin Mail Enregistrer
Lire plus tard

« Les enfants doivent être protégés ! » C’est le mot d’ordre lancé par le collectif Les 400 000 qui appelle à une mobilisation nationale pour la protection de l’enfance le 15 mai. Ce collectif regroupe 70 organisations et professionnels du secteur, pilotés par la CNAPE, la fédération des associations de protection de l’enfance. Il souhaite attirer l’attention du grand public sur « la défaillance collective en matière de protection de l’enfance ».

Les données de leur manifeste sont éloquentes. « En 2023, plus de 3000 enfants vivent à la rue. En 2024, 130 000 enfants subiront des violences sexuelles. Fin 2023, 3350 enfants sont sur liste d’attente de leur mesure de placement. En 2023, 8000 jeunes, anciens enfants placés sont sans domicile fixe. En 2023, 10 000 jeunes sont abandonnés à leur sort à leur majorité, malgré la loi. En 2024, combien de milliers d’enfants sont en danger dans leur famille sans que nous le sachions ? »

Les revendications du collectif s’articulent autour de quatre urgences. Il s’agit d’abord de « mettre fin aux “listes d’attente” » en faisant en sorte que les mesures de protection ordonnées par les juges soient mises en œuvre sans délai. Le collectif demande également à « réinvestir dans le soutien aux familles en difficulté », considérant qu’« il est crucial d’intervenir rapidement pour prévenir la maltraitance et éviter les mesures de protection plus radicales ». Reconnaître et remédier au déclassement des travailleurs sociaux constitue la troisième revendication, alors que les conditions de travail des professionnels du secteur se détériorent avec la diminution des effectifs. Enfin, le collectif appelle à « assurer un accompagnement des jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance ». Si la loi Taquet de 2022 interdit, en théorie, les sorties sèches de l’ASE, son application par décret a été tardive et des inégalités départementales demeurent.

Le 8 avril dernier, une commission d’enquête de l’Assemblée nationale a rendu son rapport sur les défaillances de la politique publique de protection de l’enfance. Ce rapport pointe « une culture de la prévention impensée en France » et l’augmentation des situations d’enfance en danger qui en découle. « Ces constats sont la raison d’un découragement massif des professionnels du travail social, qu’il faut urgemment soutenir afin de pallier la crise des vocations qui frappe le secteur », a réagi la CNAPE dans la foulée de la sortie du rapport, rappelle le média Rapports de force. En plus de Paris et Lille, la mobilisation aura lieu à Strasbourg, Rennes, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Marseille et Mamouzdou.

 Retrouvez les points de rendez-vous des mobilisations sur les400000.org