Municipales : Paris, Marseille, Lyon restent à gauche, le RN prend des villes moyennes

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Le second tour des élections municipales a eu lieu dimanche 22 mars. Paris, Marseille, Lyon, Rennes, Nantes, restent à gauche. LFI emporte Roubaix. Le RN gagne dans des villes moyennes, mais pas Toulon.

par Rédaction

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Dimanche, plusieurs médias indépendant ont suivi la soirée électorale en direct, dont Politis, L’Humanité, et Mediapart, Les Jours, Rue89Strasbourg, Rue89Bordeaux, Rue89Lyon et les déclinaisons locales de Médiacités.

À Paris, en attendant les résultats L’Humanité analysait comment l’élection a été « clivée par le vote de classe », en allant interroger des électeurices du très cossu 16e arrondissement et du plus populaire 19e.

Paris, Marseille, Lyon restent à gauche

La capitale reste finalement à gauche, Emmanuel Grégoire l’emportant devant Rachida Dati. Marseille reste aussi à gauche avec Benoît Payan, le gagnant l’emporte là encore sans alliance avec LFI, alors qu’on craignait un passage de la ville à l’extrême droite. « Mais les cas de figure sont différents : dans la capitale, Emmanuel Grégoire gagne malgré la présence de Sophia Chikirou ; à Marseille, Benoît Payan gagne après le désistement de Sébastien Delogu », précise Les Jours. « À Lyon, Grégory Doucet met un KO technique à Jean-Michel Aulas », écrit aussi le magazine. L’écologiste Grégory Doucet l’emporte sur le divers droite et ancien patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas par 53,1 % contre 46,9 %.

Des victoires de la gauche avec ou sans LFI

À Rennes, la candidate de la gauche hors LFI est réélue maire. À Nantes, l’alliance de gauche avec LFI derrière la maire Johanna Rolland garde la ville. Blois, Le Mans, Rouen restent aux mains des socialistes. La liste d’union des gauches l’emporte à Lille sans LFI. Et Saint-Étienne bascule à gauche, là aussi sans alliance avec LFI. À Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann alliée au second tour au candidat centriste Horizons semble emporter, dimanche soir, la ville face à la maire écologiste sortante alliée à LFI.

Victoires et défaites de la France insoumise

La France insoumise emporte la ville de Roubaix, après avoir emporté celle de Saint-Denis au premier tour la semaine dernière. À La Réunion, le candidat à la mairie du Tampon soutenu par La France insoumise, Alexis Chaussalet, a également remporté le second tour des municipales. Le candidat LFI Aly Diouara a gagné à La Courneuve.

Mais LFI échoue à Limoges, qui reste à droite. Le candidat Les Républicains Guillaume Guérin l’emporte devant la liste d’union de la gauche menée par l’Insoumis Damien Maudet. « Malgré un accord au forceps entre Damien Maudet et le PS au terme du premier tour, c’est bien le candidat Les Républicains Guillaume Guérin qui l’emporte. Le RN est sous la barre des 5 %, contre plus de 12 % au premier tour. Un effet barrage face à LFI ? » interroge L’Humanité. « Les gauches irréconciliables n’existent pas », a réagi de son côté Damien Maudet. Un autre enseignement, selon le candidat LFI, « c’est qu’à chaque fois que la gauche tapera sur la gauche, elle fera gagner la droite. »

Toulouse ne sera pas non plus insoumise. Le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, divers droite, l’emporte devant le candidat insoumis François Piquemal, qui avait fusionné avec les autres listes de gauche après le premier tour. Maintenant, « une question stratégique va se poser à gauche : est-ce que les alliances avec la France insoumise ont permis un second tour efficace », analyse dimanche soir le journaliste de Mediapart Ilyes Ramdani.

Des villes qui passent à droite

C’est la douche froide à Poitiers pour la liste citoyenne d’union des gauches qui avait remporté la ville en 2020. Six ans plus tard, la droite prend les rênes de la ville, alors même que la maire sortante, Léonore Moncond’huy, s’était classée en tête au premier tour. À Bordeaux, l’ancien ministre macroniste Thomas Cazenave s’impose d’une courte tête face au maire sortant écologiste Pierre Hurmic. À Besançon aussi, la droite reprend la ville, face à la maire écologiste sortante. En Bretagne, la gauche perd Saint-Brieuc, qui passe à droite, et Brest, où « le candidat de la droite et du centre Stéphane Roudaut arriverait en tête avec 55% des voix, loin devant le maire sortant François Cuillandre », écrit L’Humanité.

Au Havre, Édouard Philippe, ancien premier ministre, reste maire en l’emportant devant le candidat communiste d’union des gauches.

Le RN perd à Nîmes et Toulon, mais prend des villes moyennes

Le RN n’aura donc pas Marseille. Et « le Rassemblement national n’aura pas Nîmes » non plus, se réjouit Politis. Là-bas, « l’union de la gauche, portée par le communiste Vincent Bouget, réussit à mettre fin à un quart de siècle de règne de l’ancien sénateur Les Républicains, Jean-Paul Fournier. »

Échec pour le RN également à Toulon. La députée du RN Laure Lavalette est battue au second tour. C’est la maire sortante, Josée Massi, divers droite, qui l’emporte, alors que Laure Lavalette était arrivée en tête du premier tour avec plus de 42 % des suffrages. « C’est une défaite cinglante pour l’extrême droite, donnée gagnante tout au long de la campagne et qui se voyait déjà à l’hôtel de ville de cette commune qu’elle a dirigée entre 1995 et 2001 », analyse Les Jours.

En revanche, l’extrême droite emporte Liévin, 30 000 habitants, dans le Pas-de-Calais, face au candidat de l’union de la gauche Jérôme Darras. Ainsi que Carcassonne, où le député RN Christophe Barthès l’emporte avec 39,6 % des suffrages face à la socialiste Alix Soler-Alcaraz qui s’était pourtant alliée avec le maire sortant à l’issue du premier tour. Le RN a aussi gagné dans une série de villes moyennes : Castres, Montargis, Vierzon, La Flèche, Agde, Carpentras, Tarascon, Saint-Avold…

Au-delà des communes, ces victoires auront des effets sur les élections sénatoriales de septembre, expliquait basta! la semaine dernière. « Dans le bassin du Nord, qui élit beaucoup de sénateurs, dans le Sud, etc, on va avoir des élections qui vont permettre un sénateur RN en plus », prédit le chercheur Étienne Ollion dans l’émission électorale de Mediapart. Il n’est donc « pas impossible qu’on se retrouve avec un groupe RN au Sénat » en septembre.