Plus de quatre années se sont écoulées entre la grève, en octobre 2021, de 59 travailleurs sans-papiers – affectés à la collecte des déchets pour le groupe Sepur – et l’audience au tribunal judiciaire de Versailles, ce lundi 19 janvier 2026. La société, qui revendique 13 millions d’habitants desservis pour 275 collectivités clientes qui lui ont délégué la gestion de leurs ordures, devra répondre de l’accusation de « complicité d’emploi d’étrangers non autorisés à travailler ».
Le groupe Sepur n’est pas le seul à être jugé. Les deux entreprises d’intérim Drop Interim et MisterTemp, par lesquelles passaient les embauches, sont mises en cause pour « emploi d’étrangers non autorisés à travailler ». Enfin, deux chefs d’équipe de la société Sepur sont eux poursuivis pour extorsion.
Une vingtaine d’anciens éboueurs, accompagnés par la CGT, se sont portés partie civile dans ce procès qui devra déterminer la responsabilité de Sepur dans l’emploi régulier de travailleurs sans-papiers en intérim. Le tribunal se penchera notamment sur le rapport de l’inspection du travail remis en juin 2022 et sur le procès-verbal de l’enquête préliminaire de gendarmerie, pour déterminer le rôle joué par chacun des acteurs dans le recrutement de ces travailleurs.
L’entreprise Sepur joue gros dans ce procès. En plus de sanctions pénales, la société pourrait être exclue de l’attribution des marchés publics pour la collecte des déchets. Ce qui représente le cœur de son activité. Comme nous l’expliquions dans cette enquête, publiée il y a un an, le groupe Sepur a déjà été sanctionné aux prud’hommes pour des recours irréguliers à des travailleurs intérimaires. L’un d’eux avait enchaîné 56 contrats de travail en un an et demi.
